Combien de baisses de taux en 2026 ?
Combien de baisses de taux peut-on encore espérer en 2026 pour un crédit immobilier ? La réponse tient en un mot : aucune. Le cycle de baisses entamé par la BCE entre 2024 et mi-2025 s’est achevé, et la banque centrale a même relevé ses taux directeurs en juin 2026. Ce retournement change la grille de lecture pour tout projet d’emprunt immobilier.
Bilan chiffré des décisions BCE en 2025-2026
Plutôt que de spéculer, un tableau synthétise ce qui s’est réellement passé depuis la fin du cycle de baisses.
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| Période | Mouvement BCE | Taux de dépôt |
|---|---|---|
| 2024 – mi-2025 | 8 baisses successives | En recul progressif |
| Juin 2025 – avril 2026 | Taux maintenus (plusieurs réunions) | Stable |
| Juin 2026 | Hausse | 2,25 % |
| Juillet 2026 | Taux de refinancement principal | 2,40 % |
Le schéma est lisible : huit baisses consécutives puis un plateau de près d’un an, suivi d’une remontée. La phase de détente monétaire est close.

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Hausse des taux directeurs en juin 2026 : ce que cela signifie pour le crédit immobilier
La hausse décidée par la BCE en juin 2026 n’est pas un accident de parcours. Elle traduit une inflation qui reste proche de la cible sans être suffisamment maîtrisée pour justifier de nouvelles baisses. Le taux de prêt marginal s’établit désormais au-dessus du taux de refinancement, ce qui renchérit le coût de l’argent pour les banques commerciales.
Pour les emprunteurs, la mécanique est directe. Les banques financent les prêts immobiliers en partie sur les marchés obligataires et en partie via le refinancement BCE. Quand ces deux sources deviennent plus chères, les barèmes de crédit suivent.
Les taux immobiliers moyens observés début 2026 tournaient autour de :
- 3,13 % sur 15 ans, un niveau qui ne laisse que peu de marge à la baisse compte tenu du nouveau contexte monétaire
- 3,25 % sur 20 ans, la durée la plus courante pour les primo-accédants
- 3,35 % sur 25 ans, un plancher qui risque de remonter si l’OAT 10 ans reste sous pression
En revanche, ces niveaux restent nettement en dessous des pics de 2023, où les taux avaient dépassé 4 %. Le marché n’est pas revenu à ces extrêmes, mais la tendance n’est plus à la baisse.
OAT 10 ans et spread bancaire : le vrai moteur des taux immobiliers
Les articles concurrents mentionnent l’OAT 10 ans comme référence, sans toujours expliquer le mécanisme de transmission. Quand l’État français emprunte plus cher à dix ans, les banques – qui se refinancent en partie sur le même marché obligataire – répercutent ce surcoût.
L’OAT 10 ans reste à un niveau élevé en 2026. Cette pression sur les taux longs agit indépendamment des décisions de la BCE sur les taux courts. Autrement dit, même si la BCE avait maintenu ses taux au lieu de les relever, les taux immobiliers n’auraient probablement pas baissé davantage en raison du niveau de l’OAT.
Le spread bancaire, c’est-à-dire la marge que la banque ajoute au coût de refinancement, joue aussi un rôle. Les établissements bancaires souhaitent maintenir leur production de crédits tout en protégeant leurs marges. Ce double objectif produit un équilibre fragile : des taux ni assez bas pour relancer massivement la demande, ni assez hauts pour l’étouffer.
Comparaison internationale : le Canada confirme la fin du cycle
La France n’est pas un cas isolé. Au Canada, la Banque du Canada maintient son taux directeur à 2,25 % depuis le début de 2026, et les grandes banques canadiennes (RBC notamment) ne prévoient aucune nouvelle baisse cette année. Les prévisionnistes anticipent même des hausses en 2027.
Cette convergence entre deux grandes économies renforce un constat : le cycle mondial de baisses de taux est terminé. Les banques centrales considèrent que les niveaux actuels sont « appropriés » au regard de l’inflation et de la conjoncture. Attendre une nouvelle vague de baisses pour emprunter revient à parier contre le consensus des marchés.

Projections pour le second semestre 2026 : stabilité ou légère remontée des taux immobiliers
Le calendrier des réunions de la BCE s’étend sur le reste de l’année 2026, mais les signaux ne pointent pas vers un assouplissement. La BCE a réaffirmé son objectif d’inflation et sa posture prudente.
Deux scénarios se dessinent pour les taux de crédit immobilier d’ici fin 2026 :
- Un maintien autour des niveaux actuels (entre 3,1 % et 3,4 % selon la durée), si l’OAT 10 ans se stabilise et que la BCE ne procède pas à une seconde hausse
- Une légère remontée vers des niveaux proches de 3,5 % sur 20 ans, si les tensions obligataires persistent ou si l’instabilité budgétaire française pèse sur la prime de risque souveraine
Dans les deux cas, le scénario d’une baisse significative des taux immobiliers au second semestre 2026 n’est soutenu par aucune donnée de marché disponible.
Pour un emprunteur qui dispose d’un dossier solide, les conditions actuelles ne sont pas défavorables à l’échelle historique. Les taux de 2024-2025 étaient plus bas, mais ceux de 2023 étaient nettement plus élevés. Le coût du crédit en 2026 se situe dans une zone intermédiaire, ni exceptionnelle ni pénalisante. Reporter un projet dans l’espoir d’un retour sous les 3 % supposerait un retournement de politique monétaire qu’aucun indicateur ne laisse entrevoir.