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Comment savoir si je suis sous VPN ?

On vient de lancer un VPN, l’icône semble active, et pourtant une publicité géolocalisée s’affiche pile sur notre ville. Ce décalage entre ce qu’on croit protégé et ce que les sites perçoivent réellement mérite mieux qu’un coup d’œil à l’application. Vérifier si on est vraiment sous VPN demande quelques manipulations concrètes, côté réseau et côté navigateur.

Interface réseau et connexion VPN : ce que le système révèle avant tout test en ligne

Avant de chercher un site web de vérification, on peut interroger directement le système d’exploitation. Sur Windows, la commande ipconfig dans l’invite de commandes liste toutes les interfaces réseau actives. Si un VPN tourne, une interface virtuelle de type TAP, TUN ou PPP apparaît avec sa propre adresse IP locale.

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Sur macOS, l’équivalent passe par le terminal avec ifconfig. On repère une interface utun ou ppp suivie d’un chiffre. Sa présence confirme qu’un tunnel chiffré est monté entre la machine et un serveur distant.

Sur Linux, ip a affiche la même chose. L’existence d’une interface tun0 ou wg0 (pour WireGuard) est une preuve technique forte qu’un VPN est actif, plus fiable qu’une simple icône dans la barre des tâches. L’icône peut rester affichée alors que la connexion a décroché depuis plusieurs minutes.

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Femme dans un café vérifiant l'adresse IP de sa connexion VPN sur un MacBook

Test d’adresse IP : vérifier que le serveur VPN masque bien votre localisation

Le test le plus direct consiste à comparer son adresse IP avant et après activation du VPN. On note d’abord l’IP affichée sur un site comme whatismyipaddress.com, VPN éteint. Puis on active la connexion VPN et on recharge la page.

Si l’adresse IP change et pointe vers la localisation du serveur choisi, le tunnel fonctionne. Si l’IP reste identique, le VPN n’achemine pas le trafic du navigateur, même s’il prétend être connecté.

Un piège fréquent : certains VPN ne couvrent que le trafic d’une seule application. On peut être protégé dans le navigateur mais exposé dans un client mail ou un logiciel de visioconférence. Pour lever le doute, on lance le test IP depuis un autre logiciel ou depuis un terminal avec curl ifconfig.me.

Fuites DNS et WebRTC : les failles que le changement d’IP ne suffit pas à détecter

Afficher une IP différente ne garantit pas l’anonymat. Deux types de fuites trahissent régulièrement une connexion VPN en apparence fonctionnelle.

Fuite DNS : vos requêtes passent à côté du tunnel

Chaque fois qu’on tape une adresse dans le navigateur, une requête DNS traduit le nom de domaine en adresse IP. Si cette requête sort du tunnel VPN et passe par le serveur DNS du fournisseur d’accès, votre FAI voit tous les sites que vous consultez, malgré le VPN actif.

Pour tester, on utilise un outil de test de fuite DNS (dnsleaktest.com, par exemple). On lance le test étendu et on examine les résultats :

  • Si les serveurs DNS affichés appartiennent au fournisseur VPN ou à un résolveur tiers choisi, pas de fuite
  • Si le nom de votre FAI apparaît dans la liste des serveurs DNS, le VPN laisse fuiter les requêtes
  • Si plusieurs serveurs DNS de pays différents s’affichent sans logique, la configuration réseau est probablement instable

Fuite WebRTC : le navigateur communique votre vraie IP

Le protocole WebRTC, intégré à la plupart des navigateurs pour la communication en temps réel, peut révéler l’adresse IP locale et publique réelle, même derrière un VPN. Ce comportement est activé par défaut sur Chrome, Firefox et Edge.

On vérifie avec un test WebRTC dédié. Si l’adresse IP locale (en 192.168.x.x ou 10.x.x.x) ou l’IP publique réelle s’affiche, le navigateur contourne le tunnel VPN via WebRTC. Sur Firefox, on peut désactiver WebRTC dans about:config en passant media.peerconnection.enabled à false.

Deux collègues en open space analysant le statut d'un VPN sur un écran de bureau

Détection de VPN par les sites web : pourquoi un test IP positif ne suffit pas toujours

On peut voir une IP étrangère sur un site de test et se croire invisible. Les retours varient sur ce point, car certains services arrivent quand même à identifier la présence d’un VPN.

Plusieurs techniques existent côté serveur. La plus courante repose sur des bases de données qui répertorient les plages d’adresses IP associées à des datacenters et fournisseurs VPN connus. Quand votre IP de sortie figure dans une de ces listes, le site sait qu’un VPN est actif, même sans connaître votre vraie localisation.

Une méthode plus sophistiquée exploite l’analyse des latences réseau. Le service OBFUSGATED, par exemple, compare le temps de trajet via WebSocket avec la latence du handshake TCP côté serveur. L’écart produit un score de probabilité de passage par un nœud intermédiaire (VPN ou proxy). Ce type de détection fonctionne même si l’IP n’apparaît dans aucune base connue.

Concrètement, cela signifie qu’un VPN peut parfaitement masquer votre adresse IP tout en étant repéré comme tel par un site de streaming ou une banque en ligne. La protection de la vie privée reste réelle (le site ne sait pas qui vous êtes), mais l’accès au service peut être refusé.

Checklist rapide pour confirmer une connexion VPN fiable

Pour s’assurer qu’on est réellement sous VPN sans fuite, on peut suivre cette séquence à chaque connexion critique :

  • Vérifier qu’une interface réseau virtuelle (TUN, TAP, PPP, WireGuard) est active dans les paramètres système ou via le terminal
  • Comparer l’adresse IP avant et après connexion sur un site de test IP, et confirmer que la localisation affichée correspond au serveur choisi
  • Lancer un test de fuite DNS étendu et s’assurer qu’aucun serveur du FAI n’apparaît dans les résultats
  • Exécuter un test WebRTC et vérifier que ni l’IP locale ni l’IP publique réelle ne sont exposées
  • Activer le kill switch du VPN pour couper automatiquement la connexion internet si le tunnel tombe

La plupart de ces vérifications prennent moins de cinq minutes. Les répéter après un changement de réseau Wi-Fi ou une mise à jour de l’application VPN évite les mauvaises surprises. Un VPN qui affiche « connecté » n’est pas forcément un VPN qui protège : seuls les tests réseau permettent de faire la différence.